Tout ou presque sur le SLAM :


Exercice de style et de slam


« On y met nos tripes, on dit ce que l’on a sur le cœur », explique Mix Ô Ma prose. Ce viennois et fondateur de l’association de slam « Les Polysémiques » pratique depuis 6 ans. « De la poésie urbaine, de la poésie nomade, à chacun son slam », c’est ça le slam. Plus qu’un moyen d’expression, un véritable espace de liberté. Et une scène ouverte, insiste Mix Ô Ma Prose. Le public monte sur scène : « de spectateur, on devient acteur, puis on redevient spectateur. Il n’y a pas de star. Ni de frontières entre le public et la scène. » Chacun a cinq minutes, micro en main pour déclamer son texte. Celui-ci doit avoir été préparé. C’est très rare d’improviser. C’est pour ça qu’on doit s’inscrire au préalable à une session slam. Comme samedi au Millénium. « C’est le troisième mois, à raison d’une session mensuelle, qu’on organise à L’Isle d’Abeau » Six ou neufs slameurs de l’association seront là, pour les encourager à monter sur scène, à délier leur prose et laisser jaillir les mots.
Tout est permis
Dans cette prose, en alexandrin ou dans un style plus chaotique, tout est permis. Faire des bruits, rapper, murmurer, crier ou se laisser porter par les mots d’une langue étrangère. « Mais toujours sans musique, sinon ce n’est plus du slam. Après chacun est libre. « Plus c’est divers, mieux c’est. » Parfois « on assiste à des textes bouleversants ». Rarement cela dégénère : « depuis six ans que je pratique, une seule fois, une personne a exprimé des propos ouvertement misogynes. Il a été hué. » ajoute Mix Ô Ma Prose. Le public s’enflamme ou non. Mais il n’y a surtout pas de compétition. Pas question de faire comme aux Etats-Unis. « On veut préserver le côté convivial. Il y a assez de compétition dans la société ».
Echanges. Amour de l’écriture et de la langue. Tradition de l’oralité. Emotion. Voilà ce qui motivent les slameurs de « 7 à 91 ans ». Les amateurs comme les professionnels des Polysémiques : Barbie Tue Rick, Sang d’encre ou Slamouraï, qui seront là samedi avec de nouveaux textes. Et leurs univers respectifs. Plutôt pessimiste, pour Mix Ô Ma Prose. « Orwellien » se definit-il. « Dénonçant le manque de communication » entre autre. « L’écriture comme un cri, tic gravé en son fort, viscéral et cérébral » slamme t-il. Rien à voir avec Barbie Tue Rick, plus féministe, « une Hollywood gone qui swingue et gomme remâche ses mots comme du chewing gomme ». Ou d’autres de ses comparses, qui surfent sur les jeux de mots, « façon Oulipo ». Libre toujours…

Françoise Valentin.

 


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