Spleen et quotidien
Ce qui suit est un fragment de vie, un morceau de
cafard et c'est aussi, indirectement, un hommage à la
littérature et à la musique, à ce qui donne envie d'écrire.
Au cours de mon " Voyage Au Bout De la Nuit "
" J'ai Encore Rêvé d'Elle ",
Et les draps s'en souviendront, à jamais.
Soudain " J'entend siffler le réveil "
Abrupt, brutal, impitoyable,
Je n'irais donc pas " Au bout de mes Rêves "
. Une fois de plus.
" Debout Mon Gars, Réveilles Toi"
Il va falloir en mettre un coup !
" Il est cinq heure, Paris s'éveille "
. J'allume la radio, rester debout, rester vivant !
Et cette confiture que l'on appelle : information
Dégouline entre les trous de ma tartine.
Comme une mixture poisseuse
De Comédie et de Condition Humaine.
Dans la rue, costume muraille,
J'me presse comme une " Orange Mécanique ".
J'me magne comme une puce électromagnétique
Vers la station de métro : Babylone Banlieue Nord.
" Il est cinq heure quarante sept, Paris s'agite "
Et pue " Comme d 'Habitude ".
Car " Sous le Ciel de Paris "
La Pollution " Ca Plane pour Moi "
Ca Plane pour Tous, Ca Plane Partout.
Comme une " Fleur du Mal " pourrissante.
Putain ! dire que c'est ça " Ma ville "
Cette " Concrete Jungle " cette jungle de béton,
" Bidon " Bidon " Bidonville "
Vivre là dedans c'est coton.
" En route pour le Chagrin " donc
Chagrin égal turbin en bon argot de " Paname ".
Me v'la entassé, compressé, comprimé dans une rame
Remplie à ras bord de Sardines verticales
" Metro c'est trop "
Curieusement, je pense à cette chanson de Bob Marley
:
" Slave Driver " le Conducteur d'esclaves.
Mon
" Oreille Interne " capte des bouts de conversations,
Télé, boulot, potins, ragots, conneries, conneries.
Rien que des " Histoires Ordinaires "
Des bribes d '" Ultra Moderne Servitude ".
Alors, ainsi ballotté dans ce " Bateau Ivre "
Je me laisse aller à mes " Pensées "
Les Pensées de Pascal
Ouais je m'appelle Pascal, j'vous l'avais pas dit ?
Enfin
bref,
Là,
au milieu du " Troupeau Aveugle " j'me dit
" La Vie en Rose " c'est pas pour bibi
Je ne suis pas un " Working Class Hero ",
Moi ! Un héros de la classe ouvrière,
J'suis juste un " Working Class " bien banal
Ruminant " Ses illusions perdues "
Alors pour moi Ripa c'est all " Paint in Black ".
Tu
vois, c'est ça " Le Spleen de Paris " !
C'est quand Le Ciel Bas et Lourd
Pèse comme un Couvercle
Quand la Pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux.
(Charles Baudelaire)
Tu parles, Charles !
Pour moi,
Qui fréquente assidûment
Les " Fin de Mois Difficiles ".
Et crèche dans une boite " Mini, Mini, Mini ".
Abusivement, pompeusement baptisé appartement.
Pour moi
Paris ça s'écrit M.E.R.D.E
Et même si pour calmer ma douleur existentialiste,
Je me répète, comme un mantra punk
" Never Mind The Bollocks " !
" Never Mind The Bollocks " !
" Never Mind The Bollocks "
! Autrement dit en bon français
Je m'en bat les couilles !
N'empêche que je ne suis qu'un p'tit poisson
Même pas un piranha, même pas un maquereau
Plutôt une tanche, prise dans la nasse.
Alors c'est sûr " Faut que j'me tire ailleurs ".
Terminus ! tout le monde descend
Alors je met une sourdine à mes états d'âme
Remet en place mon masque d'employé modèle
Et reprend " Ma place dans le trafic ".
© Bill Dum Dum