Textes de :

 

JUSTE DES MOTS

Chroniques du pas si mal :
Allocations maximales et perception décimales se partagent mon palier
Je peux pas nier : y’a pire que le bas de mon panier…
Alors quelle est ma substance ?
Je ne suis qu’un sous fifre en souffrance,
Relevant l’impatience dans le tapotement sur le bureau, du stabylo de la pterodactylo !
Mon arme c’est juste des mots !
Chroniques d’un jour sans y penser,
Chroniques d’un mois, d’une année : rien n’a changé !
Caché dans la morosité d’une enfacturositée,
J’expédie des missiles en missives… attendant l’offensive…
Tournant en rond, j’en deviens fou…
Et comme un fou je tire sur le fil, comme d’autres tirent sur la foule
Quand tous s’affalent, tout s’affole, quand certains changent de profil !
Mon arme c’est juste des mots !
Ici bas défilent les fils prodiges fleur au facile :
Révolution d’avril, ne bouges pas d’un fil !
Et j’ai juste des mots dans un monde hostile…
Chroniques d’un hors piste sur ma terre grise,
Ma parole est libre et mon souffle court…toujours
Saut de puce, d’un étage à l’autre de nos sociétés, regarde :
Regardes les cons primés boire du médoc…
Baraque, BM et breloques :
Premiers pas dans l’idéal ? Et c’est déjà machinal
T’as cru voir des éléphants mais c’était qu’Hannibal !
Bienvenue dans ce pré où l’herbe te paraissait plus verte :
Plus qu’à subire en soubrettes entre carpettes et courbettes.
A croire que le monde ne peut se briser,
Côté face comme côté risée, à se répéter : Ces temps-ci, c’est ainsi,
Un jour tu pleures un jour tu ris… un jour tu rembourse ton crédit…
Et toute la semaine c’est ravioli…comme on dit :
Chassez le naturel, il revient en galère !
Nous en sommes là, tous las de ces mêmes schémas,
Et tout cela tu peux le crier, le hurler… ton brame : c’est juste des mots
Et ton drame c’est de ne trouver d’écho …
Nos armes c’est juste des phrases pour écrire nos jours en pleine lumière
Nos rafales justes verbales, rarement létales,
Nos rimes si souvent infimes,
Porteur de fardeaux, forceur de flots notre arme c’est juste des mots
Ce que tu saignes et ce que tu sèmes, exprime-le de toi-même,
Ironique, bucolique ou laconique, dans la chronique de l’espèce humaine …

© K-Phare

 



543210

 

5
Il y a 500 000 ans l’homme domestiquait le feu, pourtant y’a toujours des incendies
4
40 000 ans avant notre ère, l’homme d’hier était déjà celui d’aujourd’hui
3
3000 ans en arrière, s’érigèrent les premières cités guerrières appelées civilisations
2
Il y a deux cents ans, la révolution avait pour emblème Napoléon
1
Il y’a dix ans, il  n’y avait ni nesspresso, ni textos, ni XP pro
0
A zéro je suis né,
Et depuis l’avenir me laisse tracer ma destinée
Riche ou infortunée, amère ou parfumée
A zéro je suis né…
J’ai vécu les milliards de vies m’amenant jusqu’à moi,
Habité les années, l’ADN pour seule loi
Et je suis mort 10 fois, 100 fois, 1000 fois, j’ai suspendu les comptes
Ai suivi le fleuve que jamais l’on ne remonte et me voilà :
Je me rappelle cet homme des cavernes,
Je contemple celui que l’on nomme moderne
A trois pièces près peu de différences,
Peut-être une once de déférence, une ombre d’indifférence envers son prochain
Chacun garde ses distances comme si la nuisance était le voisin
Du singe à l’être humain, le constat est déprimant
Au détriment du lendemain, le présent se fait opprimant, oppressant
C’est toujours la même lutte depuis la guerre du feu
La même culbute pour fuir feu naguère,
La même chasse aux sorcières, descente aux enfers depuis la nuit des temps
Cerbère ou Lucifer, l’art ou la manière restant indifférents
Et l’on s’attache aux formes !
Et l’on s’harnache de normes !
L’arnaque est énorme et vieille de millions d’années
Depuis que dans la plaine du rift Lucie s’est redressée
54321 transmutations, 54321 transformations, 54321 évolutions !
A zéro je suis né,
Aucun recours sur mes détours, un compte à rebours pour me dessiner
A zéro je suis né…
Découverte après découverte, graver sa propre épitaphe
Exempts de regrets à l’instar d’Edith Piaf
Au nom du progrès, reflet de nos rêves naïfs
Du biface au canif, de l’age des glaces à l’age des chiffres…
Ecrans plasmas, placements rentables
Crédit fantasmant, téléphones portables,
Moral de faïences, cadences insoutenables
Inclassable arrogance, taux d’emprunts imbattables,
Cascade de causes crades
Avalanches de revanches sur on ne sait trop quoi
Waterloo, Alésia,  de Lascaux à Hiroshima
Les secondes se condensent pour se faire unique
Abolies les minutes, les siècles n’ont plus de logique !
54321 le dollar dans l’œil de la Joconde,
54321 le plomb dans l’aile de la colombe
54321 de la flèche à la bombe !
Au final qu’aura t’on fait pour nos ancêtres ?
Australopithèques obsolètes,  pithécanthropes loin d’être au top !
D’évolution à dévaluation : un petit pas pour l’homme, croche pied pour l’humanité
D’évolution à révolution : nous sommes restés empêtrés, empotés, empâtés…
Où est l’espoir ? Même ces pages sont illusoires…
Aucun rempart ne pousse l’histoire au retard
C’est déjà trop tard, pourrait-on croire…
Le temps déroule une bobine sans fin dans un puit sans fond :
Y’a ceux qui s’y frottent et ceux qui tournent en rond,
Le temps déroule une bobine sans fin dans un puit sans fond :
Y’a ceux qui s’en foutent et ceux qui ne s’y fond !
54321 hier ! 54321 aujourd’hui ! 54321 demain !
A zéro je suis né,
Pour un jour encore, libre de torts, libre d’éclore,
A zéro je suis né, à zéro je suis mort !

 


© K-Phare

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