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Si je fais de l'art, c'est mort!

 

C’est notre truc, avec ma clique sans tract on clipse des lettres qui se délitent en sons sans perdre le sens, le fond, les sensations, ça le fait c’est bon, entre argot et Angot la langue est dynamitée, dynamisée et l’on nous dit amusés, au musée tu as droit, adroit de la muse qui rafle la mise !
Dès lors mes délires valent de l’or, je fais de l’art mais c’est mort ! mon style en stèle s’étiole, sous verre mes vers survivent sans vie, savoir sans saveur, sans sève qui vire censure. Tels des bon-becs on mets mes bons mots dans des bocaux, étriqués, étiquetés, allitérations, assonances, calembours, on en cale et se gourre sur leur sens, méprise sur cette tension qui sous tend ma prose ! Je déteste l’explication de textes, exploitation de ma geste, magique extrapolation,  quand les extraits puent l’orientation, encadrée, encodée, enrôlée, à l’école, en prime time mes rimes t’aimes, en recueil, en cercueil, anthologies bien trop légères en ton logis, revues, vue et revue, lue et au rebut, c’est la loi du rabais, même Télérama étale mes rimes, panorama de quel mérite ? Car tandis que je pose dans les Inrocks mes copains raquent toujours !  
Je vous l’avais dit dès que je fais de l’art c’est mort !
On se pique assez de l’ego aussi j’évite ce mal et vitch, je ne suis pas le Picasso des mots. Hors du champ je jette la Klee et fous Pollock à terre, je ne suis pas colocataire de ce qui émane raisonnable de ces arts, de ces ânes qui ne pensent g’au gain, qu’à la Monet. Garde ta pièce, je ne suis pas de la croisière, ma muse pille le buffet, berne art et critique dont le cinéma tisse des Combas d’arrière garde. Devin cynique, pas toujours léger, je ferre nantis et démunis dans mes mots, qu’ils s’y mirent au centre du panorama de mes panneaux rimés. Pour mon Dada je me bats ce qu’y a de plus normal ! Ainsi pour ne pas finir Bozo pour bobos je fous le bazar dans beaux arts et Benne tous ces Burens ! Ca soulage!
Ca soulage pourtant jai bien trop peur que si je fais de l’art c’est mort !
Aussi mon propos est zigouillant, poésie grouillante, que le story déborde, que les stars s’y sabordent ! Mon cas nie belle prose, cannibale du rose que j’arase en très peu de page, anthropophage des phrases hantées par le beau, j’y cale et griffe la calligraphie à coup de poésie tronçonneuse ! Tel Leatherface, je fous la terre face à ma barbare thèse, je suis Kojack l’éventreur, Jacques Mesrimes, Hannibal Capone, Buffalo débile, Dark videur, Spider Mad, Screamailleur, je suis le quadracula à l’épopée-trifiante, l’élégie-rophare offerte sans fard, zombivalant j’ai le sonnet-crophile, au microphone je nique la faune à coup de fun acouphènes ! Attila du beau qu’étale sa daube, je suis l’intrus tel Landru dans un couvent ! Remet le couvert Petiot ! Je veux voir ces villes dead, que dévale le bad, que détale les bides sous mon verbe uppercut qui te perd coûte que coûte !
Si je fais de l’art c’est mort, c’est clair ou mire encore ce qui va éclore :
Planche sur mes noirs dessins, j’ai les crocs qui poussent encore, d’un trait je décalque, dégomme, défrise, mets d’équerre les légendes. Que ces pros filent hors de ma vue, qu’ils passent tels des cons tourmentés par ma débauche de figures de style. Ca fuse hein, chez ma prose, c’est la vie, t’as pas pied et rumine le secret de mes lignes. En plan t’as plus la côte, pas de compassion punaise mais un fiasco pitoyable, je coupe et dénombre les morts, qu’on te pince au réveil, juste pour voir ce qué tu dis ! Comment ça t’as plus de mots tifosi !
Tu fais de l’art et c’est mort !
Tu mets tes mots à l’académie, t’es accrocs dis moi de cette comédie que je dénie et démets a capella pelot du moins un peu là tu vois, j’évite les tombeaux, pas momie pour mamie, électron libre du slam, elle est de trop ta mode, ni chevalier, ni sur un chevalet, je nie tout ce qui va lier ma chaleur et ses lâcheurs, lyncheur des lécheurs, je lacère ces moutons, même pas à l’usure ils m’auront !
Si je fais de l’art c’est mort ! Si je fais de l’art c’est mort aussi je montre les molaires, mort l’air, crache des mots lourds sur ces mille leurres prétendument meilleurs. Je leur tire le portrait et pointe en dehors du tableau ! Et tandis qu’ils dorment sur leurs lauriers, l’heure est aux nouvelles normes, la mienne, la tienne, la sienne, la scène slam, la slam sème ses graines, et l’on ne fait pas, on est, vivant et en phase fusent nos phrases, et l’on ne fait pas, on vit, en prose ou en vers, en prise avec la vie, poète du bitume si ce beat t’aime ça nous suffit ! Ainsi ça le fait :
L’art est mort et l’on se marre !!!

© Mix, Ô ma prose

 

Mon Slam est mort!

 

S’il vous plait, S’il vous plait, merci de bien vouloir faire une minute de silence, S’il vous plait…
Mon slam est mort, mon slam est mort, ses stars l’ont tué, vidé de son ardeur, veto sur le hardcore pour un par cœur in vitro aseptisé, assez posé, assez dosé pour ratisser de tous côtés.

Pour moi qui maniais le micro au maxima, armé de maximes, de mots massues qu’amassent le doute en somme quand s’assomme la masse de daube de bête de consensuel, mon slam est mort.
Mon slam est mort ! Mon slam est mort et ça tombe bien car j’ai horreur des conventions, de ce qui est vendeur, de ce qu’ils vont dire, de ce qui est dans l’air, de ce qui fait l’art et la manière, je suis en guerre contre ces tanières. Pas de clan, ni de chapelle, j’ai le cran d’un scalpel pour disséquer ce qui s’y cache. On croise la rime en se marchant sur les pieds, on crash ses pots pour palper du cash, éthique de lâches qui ne louchent que sur le fric, frasque d’un ego qui se pique de flash ! Mon slam est mort !

Pour moi qui voulais créer une ode de choc, lyrical séisme, que s’éclipsent ces hommes, que se dégrippe le sésame, mon slam est mort ! Mon slam est mort et c’est bat car je redoute qu’on me catalogue, catapulte la redite et déboute les étiquettes, garde ton slam en épithète, pas besoin d’appuie tête pour mes mots mes lettres et puis toute ma lutte qui y milite par litres, incendiant, inventant, des mots valises, des mots balèzes, des mots balises qui mobilisent où s’y emploient dans ces amplis quand tant de gens plient dans ces temps froids.

Pour moi qui donne au hasard des coups à ses dinosaures, petit vaurien face à de grands sauriens, mon slam est mort ! Mon slam est mort, son pseudo débit lettré cachait mal sa débilité, quand tu déballes et que le colis est vide, hey ouais c’est pas parce que c’est pro que c’est net, pas d’inventif dans ces devantures, que ces vendus fassent les putes, du vent dans leurs notes, des airs piteux, des airs de petits vieux pour des tympans fragiles, des pantins frigides. Perso je mets les formes et m’affirme, je suis pas là pour l’épate, je dénote, je défouraille et j’étripe, plonge dans mes entrailles si t’as pas la trouille de voir la faille où ces mots grouillent, quand l’ego croule sous les tensions avec juste une feuille pour faire tampon et un stylo pour l’intention !

Pour moi qui voulais créer des réactions épidermiques et ne vois que des créations au débit merdique, mon slam est mort ! Mon slam est mort alors garde tes bons mots et leurs jeux, j’en veux des crados, des affreux, je jette le dico, casse la grammaire, laisse les douceurs aux grands-mères et fais des douleurs à leurs grands airs! Ma culture n’est que microbienne, lave bien le micro après mes mots dans mon air passe les pires herpès, le truc qui repousse leur espèce et ça tombe bien je veux tout l’espace ! Mais je suis pris cantonné à la scène comme un riz cantonnais à l’assiette et même si j’assure mes dits sensas ne créent pas de dissensions, j’ai beau m’évertuer à t’avertir mes vers terrent ma vérité sous le vernis de la poésie, nivelant vers le bas, mes haut le cœur.

Mon slam est mort ! Mon slam est mort et je me marre, mire ma tronche je veux tout raser, repartir à zéro, changer de série, changer de cadence, de tendance, de conscience, de fréquence, mettre des silences… ou de la violence, de l’urgence, de l’arrogance, de la souffrance, de la résistance, du sens, de l’essence, de la transe, parler codé, crypté comme l’ADN, NAKUMAKI POLINURTO, à la folie comme Arthaud, AVILANO TORINANO, puisque finalement tout se vaut RIGUATORNI MOULIBAZAR, quand le chaos devient de l’art, au moins je ne devise pas pour des dollars, le dos au mur comme ces tocards, je reste tricard et c’est bonnard, libre comme l’air vibre mon art, mon slam…

Mon slam est mort, mon slam est mort mais Phénix je renais pour descendre, furax phonique, je désaxe en phonème et en fait même toujours un peu trop, je triture les mots jusqu’à très tard, plus provo qu’acteur, j’exècre le sacré, fou du sucre dans le moteur et mate le souk, moqueur et cynique, j’amène la civière pour ces poètes branchés, qu’ils ne se sentent pas perdu, je viens débrancher la perfu !
Mon slam est mort, le slam est mort, les slameurs sont morts ! Vive le SLAM !

 

© Mix, Ô ma prose


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